La GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) a (enfin) quitté le placard des “projets RH sympathiques” pour devenir un levier de performance stratégique. Mais soyons francs : dès que vous annoncez une démarche GEPP, vous avez souvent ce même retour côté direction…
« Très bien. Et le ROI, on le mesure comment ? »
Autrement dit : ça coûte combien, cela rapporte quoi, et en combien de temps ?
Bonne nouvelle : oui, cela se mesure. Et même mieux : on peut s’appuyer sur des indicateurs concrets, des données chiffrées sourcées, pour construire un business case solide.
1) Le ROI d’une GEPP, c’est quoi au juste ?
Allez, on simplifie. Le ROI (Return on Investment) correspond à :
- Ce que la GEPP génère (gains, économies, création de valeur),
- Moins ce qu’elle coûte (outil, temps RH, conduite du changement, formation),
- Rapporté à l’investissement total.
Formule classique :
ROI (%) = (Gains – Coûts) / Coûts × 100
Mais attention : dans le cadre d’une GEPP, tout n’est pas immédiatement “cash”. On travaille souvent avec deux dimensions :
- ROI financier direct (turnover évité, coûts de recrutement réduits, productivité),
- ROI stratégique (réduction des risques, capacité d’adaptation, compétences futures).
Et la vraie question est : si vous ne mesurez rien, comment pilotez-vous efficacement ? 👀
2) Pourquoi la GEPP a un ROI “naturel”
Parce que le monde du travail évolue extrêmement vite.
Le World Economic Forum estime que 44 % des compétences des travailleurs seront disruptées d’ici cinq ans, et que 6 travailleurs sur 10 auront besoin de formation d’ici 2027.
Autrement dit : si vous n’anticipez pas ces transformations, vous les subirez. Et subir coûte cher.
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3) Les 3 principaux postes où une GEPP génère du ROI
- 1. Réduction du coût du turnover non désiré.
- 2. Accélération de la mobilité interne (réduction des recrutements externes).
- 3. Optimisation du budget formation (moins de “formations au hasard”).
Passons-les en revue avec des métriques et des sources :
ROI #1 : réduire le coût du turnover
Posez-vous cette question (rétorique, mais essentielle) : savez-vous combien vous coûte un départ non prévu ?
Parce que ce n’est pas seulement un poste vacant. Gallup fournit des ordres de grandeur édifiants selon le niveau :
- Remplacement d’un employé opérationnel : ~40 % du salaire.
- Remplacement d’un profil technique ou professionnel : ~80 % du salaire.
- Remplacement d’un manager ou leader : jusqu’à 200 % du salaire.
Et selon SHRM, on parle d’un coût de 50 % à 200 % du salaire annuel, selon le niveau et la rareté.
👉 Comment la GEPP influence-t-elle ce levier ?
En donnant une visibilité réelle sur :
- Les compétences existantes (et non pas seulement les intitulés),
- Les aspirations individuelles,
- Les écarts entre compétences requises et réelles,
- Les postes critiques pour l’activité.
KPIs turnover à suivre (orientés GEPP)
- Taux de turnover volontaire (global et par population critique).
- Turnover des métiers en tension.
- Time-to-productivity (temps nécessaire pour qu’un collaborateur soit pleinement opérationnel).
- Taux de départs à 6 / 12 mois (indicateur de mismatch compétences/poste).
Mini-formule “turnover évité”
Gains turnover = (Départs évités × Coût moyen d’un départ)
Même une légère baisse de turnover peut avoir un effet financier immédiat. Par exemple, en France, des études indiquent un taux de turnover de ~15 % en 2023 après un pic à 17,44 % en 2022.
(Pour aller plus loin, les séries publiques de Dares ou Insee fournissent des statistiques intéressantes sur les mouvements de main-d’œuvre).
ROI #2 : favoriser la mobilité interne
Deuxième question à se poser : pourquoi payer des recrutements externes si vous avez déjà la compétence, juste au mauvais endroit ?
La mobilité interne est l’un des leviers qui augmente simultanément :
- La rétention des collaborateurs,
- La satisfaction des managers,
- La vitesse de mise en performance.
Selon LinkedIn, les organisations qui cultivent une forte culture d’apprentissage obtiennent des résultats supérieurs sur plusieurs métriques — y compris une rétention jusqu’à +57 % par rapport à celles qui ne le font pas.
LinkedIn rappelle aussi que 94 % des employés resteraient plus longtemps dans une entreprise qui investit dans leur développement professionnel.
👉 Traduction GEPP : en structurant les parcours et en levant les obstacles à la mobilité, vous transformez la GEPP en moteur de rétention et de performance.
KPIs mobilité interne
- % de postes pourvus en interne (globaux et métiers en tension).
- Time-to-fill interne vs externe.
- Taux de succès à 6 mois (performance post-mobilité).
- Taux de couverture des compétences critiques (indicateur d’adéquation).
Valorisation financière
Pour quantifier cet effet, vous pouvez mesurer :
- L’économie de coûts de recrutement (annonces, cabinets, temps RH).
- L’économie sur l’onboarding (temps manager, période de performance réduite).
- La réduction des risques liés à de nouveaux recrutements (moins d’incertitude).
Cette approche permet de convertir des mouvements internes en économies tangibles.
ROI #3 : optimiser la formation
Vous avez déjà dépensé un budget formation… sans forcément voir un impact mesurable sur les compétences clés ? Vous n’êtes pas seuls.
Dans un monde où les compétences évoluent rapidement, continuer à former sans ciblage n’est plus viable.
Selon le World Economic Forum, les besoins de montée en compétences à court terme sont considérables — preuve qu’il faut aligner les formations sur les écarts réels.
KPIs formation orientés ROI
- % du budget formation aligné sur les compétences critiques.
- Taux de complétion et de certification (quand pertinent).
- Écart de compétences avant / après formation (skill gap closure).
- Impact métier (qualité, délais, satisfaction client, sécurité — selon vos enjeux).
Exemple d’impact mesurable
- Vous identifiez un gap majeur de compétence sur un métier critique.
- Vous mettez en place un parcours ciblé.
- Vous mesurez l’impact sur les indicateurs métier (erreurs, retards, qualité).
- Vous traduisez cela en coûts évités (rebuts, incidents, pénalités…).
Oui, cela ressemble à du RH analytique, mais c’est précisément ce qui crée de la valeur !
4) Où Prismo peut rendre ce ROI mesurable (et non théorique)
Dans la réalité, le principal frein à un calcul de ROI GEPP crédible est la donnée.
Si vos compétences, évaluations et parcours sont dans des fichiers Excel dissociés, vous passerez votre temps à consolider plutôt qu’à analyser.
C’est ici qu’un outil comme Prismo fait la différence. Il vous permet de :
- Cartographier vos compétences dynamiquement
- Analyser les écarts (gaps) entre besoins métiers et compétences réelles.
- Construire des profils de compétences complets, techniques et comportementales.
- Connecter ces données à vos usages clés : formation, mobilité, parcours…
Ainsi, vous passez de intuition reporting à données actionnables.

9) Mini check-list : votre ROI GEPP est crédible si…
- Vous avez une baseline mesurée (avant GEPP).
- Vos KPIs sont stables dans le temps (même définition).
- Vous reliez chaque KPI à un impact métier / business.
- Vous faites une mesure à 3 mois, 6 mois et 12 mois.
- Vous combinez quantitatif et qualitatif (retours managers et collaborateurs).
Et surtout : vous évitez le syndrome du “grand soir GEPP”. Les gains viennent souvent d’une approche progressive :
- Commencez par une population critique.
- Travaillez une filière métier.
- Adoptez un seul enjeu prioritaire (turnover, mobilité ou formation).
- Puis scaliez.
Conclusion : la vraie question n’est pas “Quel ROI ?”, mais “Quel ROI souhaitez-vous activer en premier ?”
La GEPP devient un outil de pilotage stratégique lorsque :
- Vous choisissez les bons KPIs.
- Vous mesurez avec des données fiables.
- Vous reliez vos actions à des impacts business mesurables.
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Votre calendrier RH 2026
Chaque mois vous indique, directement dans les jours du calendrier, les actions RH concrètes à lancer (recrutement, formation, mobilité interne, management, QVCT, pilotage RH…), grâce à un code couleur clair.
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